RAHMA n'est pas seulement un bout de mon histoire, mais celle de milliers de femmes à travers le monde victimes de l’impunité de leurs maris, parfois influents.
Victimes de pressions sociales, dont la voix est rarement entendue, et qui n'ont pour seule corde à leur arc : le courage.
Dans mon histoire, Aïcha ne fuyait pas un mari violent, mais autre chose. Et si, quelque part, Rahma existait dans l’entièreté de cette histoire ? Et si sa seule issue, sa seule solution, n’avait été que l’exil d’un pays qu'elle aime tant ?
Il est essentiel que RAHMA soit une fiction ayant le réalisme d’un documentaire soit une immersion sensible dans l’intimité de ce personnage, dans ses questionnements, ses peurs, ses silences qui valent mille mots, ses regards plus parlants que des concours oratoires. Je veux mettre en lumière sa dignité, sans filtre, sans ornement. Je vois le spectateur comme un acteur à part entière du film. La caméra sera toujours au plus proche de Rahma, sans interruption, sans plans trop construits ni artifices. La réalité ne sera pas “brouillée” par des scènes trop écrites, ni des cadres trop esthétiques. Mon intention première est la suivante : que le spectateur ressente que ce qu'il voit est en train d’arriver sous ses yeux. Qu’il se demande : “Est-ce que cette scène a été pensée ou filmée spontanément ?”
Mais surtout, que l’on ressente cette impuissance : nous, spectateurs, ne pouvons que regarder.
Références artistiques :
- Polisse de Maïwenn, pour son énergie brute et sa caméra organique.
- Une séparation et Le Client (The Salesman) d’Asghar Farhadi, pour leur tension intime et leur naturalisme.
- L’Histoire de Souleymane de Boris Lojkine, pour sa frontalité, sa pudeur et sa justesse.